samedi 14 juillet 2018

"Paris, 1418" - Episode 9, le 14 juillet.

Ce jour-là, le duc de Bourgogne fait enfin son entrée dans Paris.

N'oublions pas que c'est tout de même en son nom que ses hommes ont fait irruption le 29 mai dernier pour mettre fin à la domination des Armagnacs! Pendant toutes les semaines qui ont suivi, des exactions étaient menées partout, il n'y avait pour ainsi dire personne pour faire vraiment autorité, et tout le monde se disait ce qu'on traduirait avec notre langage d'aujourd'hui: "mais qu'est-ce-qu'il fout, Bourgogne? Il est où?". Il attendait probablement que la situation s'apaise un peu.

Aujourd'hui, il arrive enfin, sous les vivats et les larmes d'émotion de la population. Laquelle population crie "Noël! Noël!" pour manifester sa joie, comme cela se faisait en ce temps-là.

jeudi 5 juillet 2018

"Paris, 1418" - Episode 8, le 3 juillet.

Ce jour-là, toutes les églises de Paris se rassemblent à Notre-Dame pour une grande procession. Dans les temps troublés et dramatiques, c'est le moyen que trouvaient les pouvoirs religieux pour tenter de calmer les esprits. On fait donc des processions où l'on prêche la concorde. Si on en croit le Bourgeois de Paris, celle-ci a été plus grande que jamais: "le dimanche 3ème jour de juillet, fut faite une des plus belles processions qu'on eût vu oncques."


Le mois précédent on a muré la porte Saint-Antoine (il était fréquent qu'on fasse ça), et les portes Saint-Denis et Saint-Germain étaient les deux dernières à ne pas l'avoir été.

samedi 16 juin 2018

Quelques croquis de nu

Quelques croquis de nu parmi ceux que je fais depuis quelques semaines avec de bons amis le vendredi soir.











mardi 12 juin 2018

"Paris, 1418" - Episode 7, le 12 juin.

Nuit du 11 au 12 juin.

Nouvelle grosse alerte cette nuit-là du côté de la porte Saint-Germain: on annonce une attaque imminente des Armagnacs. Tous les quartiers populaires de Paris se mettent en mouvement, un vent de panique commence à souffler.

Seulement, une fois tout ce beau monde surexcité arrivé à la porte Saint-Germain, on se rend compte qu'il n'y a absolument aucune menace, c'était une fausse alerte! Mais malheureusement l'excitation de masse a été portée à un tel point qu'elle ne pourra pas se calmer comme ça, surtout si elle n'a rien sur quoi se défouler...





La folie meurtrière de la partie du peuple la plus violente se détourne alors sur les prisons, là où on a enfermé des armagnacs depuis les jours précédents.



On massacre dans les prisons. Inévitablement, dans ces circonstances, des repris de justice qui n'avaient rien à voir avec les armagnacs se sont fait tuer sommairement.

  

Plusieurs prisons de Paris sont attaquées par les éléments les plus violents du peuple, inconsolables de ne pas avoir pu se défouler lors d'une hypothétique attaque des armagnacs la nuit précédente.

Certaines prisons résistent et se trouvent difficilement prenables. Faute de pouvoir les envahir, les émeutiers y mettent le feu. Les prisonniers enfumés ne peuvent faire autrement que se précipiter dans le vide. Ils tombent sur des piques ou autres objets transperçants des assaillants. Ceux qui ne se tuent pas sur le coup sont impitoyablement achevés.
 




On met le feu aux prisons et on massacre les occupants qui se sont jetés par les fenêtres.

La seule prison qui n'a pas été attaquée est celle du Louvre, car le roi était présent au palais à ce moment.


  


Bernard d'Armagnac a lui aussi été massacré ce jour-là. Les émeutiers se sont ensuite acharnés sur son corps qui a été trainé dans les rues les jours qui ont suivi.

Cette journée a encore été une sorte d'orgie de violence et de sang. Le roi est en crise, le prévôt de Paris impuissant, et le duc de Bourgogne n'est toujours pas là: il n'y a donc quasiment aucune autorité à Paris qui pourrait faire respecter l'ordre et ramener le calme.

L'hystérie des gens les plus violents est donc sans limite, et les tueries les plus insensées éclatent dans une impunité totale.

On s'acharne même sur les cadavres, on les dépouillent, ils finissent pour la plupart nus, et surtout méconnaissables tant les coups et les mutilations ont été nombreuses.

C'est une véritable ivresse d'assassinats. Seul l'épuisement des tueurs peut y mettre fin. C'est ce qui finit par arriver vers la mi-journée. La ville aura donc subit 12 heures de tueries.


  
A bientôt! 

dimanche 10 juin 2018

"Paris, 1418" - Episode 6, le 9 juin.

Ce jour-là, du côté de la paroisse Saint-Eustache au cœur des Halles, on faisait une fête en l'honneur de la confrérie Saint-André. A cela trois raisons: Saint- André est le saint patron de la Bourgogne, cette confrérie était probablement concurrente d'une autres confrérie armagnaque (qui a dû être supprimée dans ces jours-ci), et cela se passait dans le quartier des Halles, très populaire est acquis au duc de Bourgogne.

Pour l'occasion on avait préparé des chapeaux garnis de roses rouges. Le rouge est couleur bourguignonne, et les roses sont abondantes en cette époque de l'année.

Selon le bourgeois de Paris, on a confectionné "60 douzaines de chapeaux" (je vous épargne la multiplication, ça fait 720!). Il parait qu'elles avaient un peu fané à la mi-journée, mais en tout cas il y avait beaucoup de monde.

Une dernière précision, l'église Saint-Eustache n'était pas, en 1418, celle qu'on connait aujourd'hui, cette dernière date du milieu du XVIème siècle.


"Paris, 1418" - Episode 5, la nuit du 7 au 8 juin.


On continue d'entretenir l'excitation des gens dans la rue, en tout cas des éléments les plus violents. Pour ça on fait des feux un peu partout la nuit en organisant des gardes.

On est ici près de la Bastille où pas mal d'Armagnacs se sont réfugiés quelques jours avant, et d'où on compte bien les déloger.

"Étaient toujours les Armagnacs à la porte Saint-Antoine, pour quoi on faisait toutes les nuits très grands feux, et n'était nuit qu'on ne criât alarme, et faisait-on cris à trompe à minuit, après minuit, devant minuit, et néanmoins tout [ceci] plaisait au peuple, parce que de bon coeur le faisaient."







samedi 2 juin 2018

"Paris, 1418" - Episode 4, le 1er juin 1418.




 Après l'attaque des bourguignons, les armagnacs, à l'extérieur de Paris, ne sont pas restés les bras croisés, et se sont rassemblés. Ils tentent une contre-attaque en faisant irruption dans Paris par la porte saint-Antoine, au début de la rue saint-Antoine.



 Un violent combat de rue s'engage, et l'assaut des armagnacs est repoussé.





Ce sont alors des tueries qui éclatent en pleine rue. On fait la chasse aux armagnacs plus que jamais. "Et quand ils en purent trouver, de quelque état qu'ils fussent, aux gens d'armes étaient amenés [au beau milieu de] la rue, et tantôt tués sans pitié de grosses haches et d'autres armes".

On peut supposer que dans ces moments, le peuple était aussi là pour se venger de tout un tas de vexations subies par la faute des armagnacs depuis des années. Il n'est pas non plus interdit de supposer que, comme d'habitude dans ces circonstances, étaient tués pas mal de gens qui n'avaient rien à voir avec les armagnacs mais qui payaient de leur vie des haines totalement privées.

Ces tueries massives attiraient tout ce que la ville comptait de marginaux et autres pauvres types qui donnaient libre cours à leur soif de violence.






La folie meurtrière calmées, les cadavres jonchent les rues. Il y eut plus de 500 morts ce jour-là.

Il se trouve aussi que pendant ces événements, il pleuvait beaucoup, comme 600 ans plus tard à la même période!

"[les cadavres] étaient en tas comme porcs au milieu de la boue, qui moult grand pitié était, car peu fut cette semaine jour qu'il ne plût moult fort."

La pluie avait au moins la vertu de nettoyer les rue (et les corps) de toutes les traces de sang!...





Les armagnacs étaient parfois tellement détestés que le menu peuple insultait les corps dans les rues, et continuait à se défouler sur eux.

"Femmes et enfants, et gens sans puissance, qui ne leur pouvaient pis faire, les maudissaient en passant [près d'eux], disant: 'Chiens traîtres, vous êtes mieux qu'à vous n'appartient, encore y en a-t-il, que plût à Dieu que tous fussent en tel état!' Et [ainsi] n'eussiez trouvé à Paris rue de renom où n'eut été aucune occision."


A la semaine prochaine!